Énergie & Sécurité
Cattenom passe son inspection des 40 ans — et la campagne de pression du Luxembourg reprend
Le dossier énergétique le plus déterminant pour le Luxembourg ne se joue pas en territoire luxembourgeois. Il se joue à 12 km de la frontière, côté français de la Moselle, à Cattenom — une centrale nucléaire de quatre réacteurs à eau pressurisée de 1300 MW, mise en service entre 1986 et 1991. La question de savoir si et comment ces réacteurs continueront à fonctionner dans les années 2030 revient à l'agenda politique en 2026.
L'horloge
Les réacteurs de Cattenom ont été conçus à l'origine pour une durée de vie de 40 ans, ce qui les conduirait à un arrêt programmé entre 2026 et 2031. L'opérateur EDF a engagé une procédure visant à prolonger leur durée de vie jusqu'en 2035 au moins, en cohérence avec la stratégie nucléaire française qui consiste à tirer plus d'années de la flotte existante pendant que les réacteurs EPR2 sont construits ailleurs.
Cette procédure passe par la quatrième visite décennale, le contrôle de sûreté qui détermine si chaque réacteur peut continuer à fonctionner au-delà de 40 ans. La visite du réacteur 1 est programmée pour 2026 — l'événement déclencheur qui réactive l'attention politique transfrontalière.
La position luxembourgeoise
La position du gouvernement luxembourgeois est sans ambiguïté : Cattenom doit fermer, pas être prolongée. Cette ligne est appuyée par des déclarations conjointes avec la Sarre et la Rhénanie-Palatinat, voisines allemandes situées immédiatement sous le vent de la centrale. Les arguments combinent préoccupations sismiques et de vieillissement avec un bilan opérationnel concret : en 2025, deux réacteurs de Cattenom ont été mis hors réseau pour des contrôles de corrosion après des problèmes similaires sur d'autres centrales françaises de la même génération.
Le Luxembourg pousse également pour davantage de transparence et un meilleur partage transfrontalier de l'information en cas d'incident. Le pays soutient depuis longtemps que la proximité d'un site nucléaire sans aucun pouvoir opérationnel constitue en soi un problème structurel du cadre de gouvernance nucléaire européen.
Ce qui n'est pas en train de se passer
Malgré des rumeurs récurrentes, le Luxembourg confirme n'avoir reçu aucune notification formelle d'un nouveau réacteur EPR2 à Cattenom. Le projet de programmation énergétique française 2025-2035 ne liste pas Cattenom parmi les sites de nouvelle construction, l'effort se concentrant sur Penly, Gravelines et Bugey.
Pourquoi la politique pèsera plus en 2026
Même sans construction neuve, la décision sur la prolongation est le combat le plus important. Une visite décennale favorable au réacteur 1 trace un chemin pour les trois autres et verrouille une nouvelle décennie d'exploitation directement en amont des bassins versants d'eau potable et des principales villes du Luxembourg. Avec la sécurité énergétique de l'UE de retour en haut de l'agenda, l'argument français du maintien de la flotte existante est difficile à contrer — et le levier du Luxembourg, en tant que voisin sans droit de vote, reste essentiellement diplomatique.
2026 est l'année où cette diplomatie sera mise à l'épreuve.
Questions fréquentes
- Pourquoi Cattenom est-elle controversée au Luxembourg ?
- Parce que la centrale se situe à environ 12 km de la frontière luxembourgeoise, qu'elle a un historique documenté de corrosion et de vieillissement, et que le Luxembourg n'a aucun pouvoir opérationnel sur son régime de sûreté.
- Un nouveau réacteur est-il prévu à Cattenom ?
- Non. Le programme énergétique français 2025-2035 n'inclut pas Cattenom parmi les sites pour de nouveaux réacteurs EPR2.
- Que se passe-t-il lors de l'inspection des 40 ans ?
- Le régulateur français décide si chaque réacteur peut continuer à fonctionner au-delà de 40 ans ; la visite du réacteur 1 a lieu en 2026.
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