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ASEAN+3 sur le qui-vive : la Chine, le Japon, la Corée du Sud et l'ASEAN se préparent à des mouvements de marché « désordonnés »


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ASEAN+3 sur le qui-vive : la Chine, le Japon, la Corée du Sud et l'ASEAN se préparent à des mouvements de marché « désordonnés »Photo: Bor Jinson / Pexels

Le groupement ASEAN+3 — les dix économies de l'ASEAN plus la Chine, le Japon et la Corée du Sud — a publié le 4 mai 2026 une déclaration de préparation conjointe avertissant du risque de mouvements « désordonnés » des devises et des rendements obligataires asiatiques. La déclaration est inhabituelle par sa franchise ; la coordination sous-jacente est à l'œuvre depuis le début de la guerre iranienne.

Ce qui secoue le marché

Trois forces simultanément. D'abord, le pétrole. La fermeture de fait du détroit d'Ormuz a hissé le Brent et le Dubai dans des fourchettes structurellement inconfortables pour les importateurs asiatiques — Japon, Corée du Sud, Inde et la majeure partie de l'ASEAN. Ensuite, le calendrier du sommet États-Unis–Chine : la rencontre attendue de Trump et Xi mi-mai a créé un positionnement spéculatif que les traders eux-mêmes décrivent comme fragile. Enfin, les flux de capitaux : un dollar plus fort face à la plupart des devises asiatiques a réduit la marge d'assouplissement monétaire malgré une demande intérieure faiblissante dans plusieurs économies.

L'infrastructure de Chiang Mai

L'outil principal de coordination de l'ASEAN+3 est la Chiang Mai Initiative Multilateralisation, dispositif régional de swaps monétaires créé après la crise financière asiatique de 1997. Le CMIM a été refondu plusieurs fois et atteint désormais 240 milliards de dollars. Aucun n'a encore été tiré dans le cycle actuel, mais plusieurs banques centrales ont signalé au secrétariat de l'ASEAN+3 vouloir des chemins d'activation pré-validés en cas de sortie soudaine de capitaux.

Au-delà du CMIM, l'infrastructure plus opérationnelle est bilatérale. La Banque du Japon et la Banque de Corée disposent d'une ligne de swap active ; la People's Bank of China a des swaps bilatéraux avec la plupart des banques centrales d'ASEAN. Le ministère japonais des Finances a, selon des sources, conduit des répétitions d'intervention fin avril ; la Corée a signalé qu'elle n'hésiterait pas à agir si la volatilité du won franchissait des seuils définis.

À quoi sert la déclaration

Deux objectifs. D'abord, communicationnel : signaler aux traders que les banques centrales surveillent et sont prêtes — ce qui, à soi seul, atténue souvent la pression spéculative. Ensuite, politique : afficher la cohésion d'un groupe ASEAN+3 dont les membres ne s'accordent pas toujours sur le diagnostic. Chine et Japon ne s'accorderont pas sur grand-chose en 2026, mais ils s'accordent sur le fait que des marchés asiatiques désordonnés ne servent personne.

Ce qu'il faut surveiller

Le won coréen, la roupie indienne et la rupiah indonésienne sont les indicateurs les plus susceptibles de bouger en premier si les conditions se dégradent. Une activation du CMIM, même partielle, constituerait le signal le plus fort que le groupement juge la situation sérieuse. Rien de tel ne s'est produit. La déclaration est, pour l'heure, préventive.

Qu'est-ce que l'ASEAN+3 ?
Les dix économies de l'ASEAN plus la Chine, le Japon et la Corée du Sud — le principal groupement régional de coopération financière en Asie.
Qu'est-ce que le CMIM ?
La Chiang Mai Initiative Multilateralisation, un pool régional de swaps monétaires de 240 Md$ créé après la crise financière asiatique de 1997.
Quelque chose a-t-il été activé ?
Non. La déclaration du 4 mai est une coordination préventive, pas une réponse de crise.

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