Football
Coupe du monde 2026 : la FIFA pourrait perdre un cinquième de son audience, blocage avec l'Inde et la Chine

Le tournoi que la FIFA vend depuis des années comme l'événement le plus regardé de l'histoire humaine s'apprête à démarrer sans accords confirmés de diffusion dans deux des pays les plus peuplés du monde. Au 5 mai 2026, la Coupe du monde de la FIFA 2026 — qui débute dans à peine plus d'un mois aux États-Unis, au Mexique et au Canada — n'a pas de distribution télévision et streaming convenue en Inde ni en Chine.
L'impasse indienne
La coentreprise Reliance–Disney, JioStar, a déposé une offre d'environ 20 millions de dollars US pour les droits indiens. Le prix demandé par la FIFA est un multiple. Les dirigeants de Reliance soutiennent que l'audience football indienne ne justifie pas un montant supérieur ; la FIFA fait valoir que le format élargi à 48 équipes du tournoi 2026 et la croissance du marché publicitaire indien rendent le prix raisonnable. Les deux positions ne sont pas en distance de négociation l'une de l'autre.
La question chinoise
En Chine, aucune proposition formelle n'a émergé. Le diffuseur d'État CCTV détient des droits traditionnels sur les grands tournois de football mais a montré peu d'intérêt pour le cycle 2026, à la fois pour des raisons de prix et pour la sensibilité politique du calendrier — le tournoi se tient sur le sol américain sous une administration Trump dont les politiques tarifaires et de visas ont produit une irritation visible en Chine. Les plateformes de streaming ont indiqué qu'elles ne bougeront pas sans engagement d'ancrage de CCTV.
L'arithmétique de l'audience
L'Inde et la Chine totalisent ensemble environ 2,8 milliards de personnes. Combinées, elles représentent une part estimée à 20 % de la portée streaming mondiale attendue par la FIFA pour le tournoi. Si aucun accord n'est conclu avant le coup d'envoi, la FIFA fait face au pire scénario de couverture diffusion pour une Coupe du monde à l'ère du streaming.
Ce que fait la FIFA
Trois choses. Mettre publiquement la pression sur JioStar via des briefings médias soulignant l'importance du marché indien. Travailler discrètement en coulisse via la CCTV et la fédération chinoise de football. Et explorer un repli inhabituel — un flux direct gratuit FIFA+ sur les territoires sans accord, monétisé par la publicité et des partenariats de plateforme. Cette dernière option est opérationnellement faisable mais commercialement douloureuse : elle crée un précédent que la FIFA ne souhaite pas pour 2030 et au-delà.
Pourquoi cela compte au-delà du football
C'est un test en temps réel pour savoir si les droits sportifs premium peuvent tenir leurs prix dans un marché médiatique mondial qui se fragmente. Si l'Inde et la Chine finissent par regarder gratuitement sur FIFA+, tous les autres détenteurs de droits — UEFA, CIO, F1, IPL — liront attentivement les implications. Tout comme tous les annonceurs dont les plans 2026 supposaient deux milliards de paires d'yeux sur la Coupe du monde.
Questions fréquentes
- Quand le tournoi démarre-t-il ?
- À la mi-juin 2026 aux États-Unis, au Mexique et au Canada — la première Coupe du monde à 48 équipes.
- Pourquoi la Chine n'achète-t-elle pas ?
- Préoccupations de prix et sensibilité politique autour d'un tournoi accueilli aux États-Unis sous l'administration Trump.
- Quel est le repli de la FIFA ?
- Un flux direct gratuit FIFA+ sur les territoires non vendus, monétisé par la publicité et des partenariats.
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