États-Unis–Asie

Tokyo pousse pour une escale Trump avant le sommet de Pékin avec Xi


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Tokyo skyline at night with the illuminated Tokyo Tower.
Tokyo pousse pour une escale Trump avant le sommet de Pékin avec XiPhoto: Szymon Shields / Pexels

Tokyo est pressé. Des responsables japonais cherchent à organiser une escale de Donald Trump à Tokyo, en route pour Pékin où il devrait rencontrer le président chinois Xi Jinping mi-mai 2026. Le but de l'escale est limpide : inscrire à l'agenda une rencontre Trump–Takaichi avant que le président américain ne s'assoie avec Xi.

Pourquoi Tokyo s'inquiète

Deux raisons. D'abord, la relation États-Unis–Japon : la Première ministre Sanae Takaichi n'a pas rencontré Trump en personne depuis qu'elle est à la tête du gouvernement, et le manuel diplomatique japonais s'appuie fortement sur les relations personnelles au plus haut niveau. Ensuite, le contenu : les responsables japonais redoutent qu'un accord Trump–Xi n'inclue des ententes implicites sur Taïwan, les exports de semi-conducteurs ou la posture des forces américaines dans le Pacifique occidental, qui affectent le Japon sans consultation préalable de Tokyo.

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a indiqué au secrétaire d'État américain Marco Rubio, lors d'entretiens préparatoires, que les deux pays devraient « se préparer à des échanges importants à haut niveau », tout en précisant que Taïwan « demeure le plus grand point de risque » dans la relation bilatérale. C'est précisément le sujet que Tokyo veut faire entendre à Trump par Takaichi, en premier.

Ce que Takaichi veut placer devant Trump

Trois demandes. Réaffirmation des engagements américains envers les îles Senkaku et la dissuasion élargie dans le Pacifique occidental. Coordination sur les contrôles d'export de semi-conducteurs, en particulier pour les équipements de lithographie avancée. Et — étant donné la guerre Iran en parallèle — coordination sur la sécurité énergétique au détroit d'Ormuz, où le Japon a un enjeu majeur. Takaichi a déjà engagé directement le président iranien Masoud Pezeshkian pour appeler à la sécurité de passage des pétroliers de pavillon japonais.

Le repli

Si l'escale ne se concrétise pas, Takaichi et Trump tiendront un appel téléphonique, presque certainement pendant le transit de Trump. Tokyo le considérera comme un pis-aller manifeste. Les appels sont réactifs ; les rencontres en personne permettent à la diplomatie japonaise de faire ce qu'elle fait de mieux : se rattacher au principal et y rester.

Pourquoi cela compte en Europe

Le sommet États-Unis–Chine fixera la météo géopolitique du second semestre 2026. Tout ce que Trump et Xi diront sur Taïwan, sur la guerre d'Iran, sur les contrôles technologiques et sur les tarifs mondiaux atterrira lourdement sur la planification industrielle européenne, en particulier dans les semi-conducteurs, l'automobile et la pharma. Le lobbying de Tokyo pour un accès anticipé est, en termes fonctionnels, un succédané de ce que toute capitale du G7 aimerait — une chance d'influer sur le cadrage avant que les principaux ne verrouillent quoi que ce soit.

L'escale est-elle confirmée ?
Pas encore. Le Japon pousse en ce sens ; Washington n'a pas formellement accepté.
Pourquoi Taïwan est-il central ?
Le ministre chinois des Affaires étrangères a désigné Taïwan comme le sujet à plus haut risque dans la relation États-Unis–Chine ; la planification de sécurité du Japon est étroitement liée au statut de Taïwan.
Pourquoi l'Europe s'y intéresse ?
Le sommet Trump–Xi orientera les signaux sur les tarifs, les semi-conducteurs et la guerre d'Iran pour le reste de 2026 — autant de résultats qui touchent l'industrie européenne.

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