Europe

À Erevan, la Communauté politique européenne réunit l'Europe — et l'Arménie sort de l'orbite de Moscou


Lecture · 2 min

Republic Square in Yerevan featuring the Soviet-era clock tower.
À Erevan, la Communauté politique européenne réunit l'Europe — et l'Arménie sort de l'orbite de MoscouPhoto: Valeria Drozdova / Pexels

La Communauté politique européenne a tenu son cinquième sommet à Erevan le 4 mai 2026, en réunissant les États membres de l'UE, les pays candidats et une géographie européenne plus large incluant Royaume-Uni, Norvège, Suisse et Caucase du Sud. L'image phare de la journée a été celle de Volodymyr Zelensky sur le tarmac d'Erevan, serrant la main du Premier ministre arménien Nikol Pachinian — une présence qui, à elle seule, a marqué une rupture significative avec l'alignement traditionnel d'Erevan sur Moscou.

À quoi sert la CPE

Fondée en 2022 à l'initiative de la France, la CPE a été conçue comme une plateforme souple de dialogue à l'échelle du continent européen, sans le poids juridique des institutions de l'UE. Pas de traité, pas de secrétariat, pas de production contraignante. Sa valeur tient précisément à cette légèreté : elle permet à des dirigeants qui ne se trouveraient pas autrement dans la même salle de se parler, et donne aux pays candidats une enceinte où ils sont participants à parts égales plutôt que solliciteurs.

Ce qui était sur la table à Erevan

Trois grands dossiers. L'agression russe et la manière dont l'Europe finance le soutien continu à l'Ukraine. La migration et la route méditerranéenne sud. Et — le sujet le plus sensible sur le plan procédural — une discussion entre ambassadeurs de l'UE sur une éventuelle clause de défense mutuelle pour des partenaires européens hors OTAN, à la lumière des retraits de troupes américaines et de l'incertitude sur la fiabilité de l'article 5 de l'OTAN.

La délégation azerbaïdjanaise s'est ouvertement accrochée avec la représentation du Parlement européen sur un projet de texte concernant le Haut-Karabagh et le statut du patrimoine culturel arménien. La chorégraphie a débordé dans le couloir et a été visible à la télévision locale. L'absence de productions contraignantes de la CPE a absorbé la friction ; dans tout autre forum, elle aurait produit une rupture procédurale.

Pourquoi accueillir en Arménie compte

Pour Erevan, le sommet a été un acte délibéré de repositionnement. L'Arménie s'éloigne depuis deux ans de l'Organisation du traité de sécurité collective — l'équivalent de l'OTAN sous direction russe — et glisse vers une posture plus européenne. Accueillir la CPE, et accueillir Zelensky, est l'étape la plus publique à ce jour. Moscou n'a pas formellement riposté, mais la signalétique a été tranchante.

Ce qu'il a produit

Aucun communiqué — par construction. Ce qui a été produit, ce sont des conversations bilatérales : un échange Macron–Pachinian sur le soutien à la candidature à l'UE, une session Starmer–Zelensky sur l'aide à la défense aérienne britannique, et ce que des comptes-rendus diplomatiques ont décrit comme une rencontre « franche » Tusk–Aliev sur la posture de Bakou. La mesure de succès de la CPE, c'est que les rencontres aient eu lieu. À cette aune, Erevan a livré.

Qu'est-ce que la CPE ?
Une plateforme souple de dialogue pour les dirigeants européens, fondée en 2022, plus large que l'UE et sans production contraignante.
Pourquoi l'Arménie compte ici ?
Erevan se repositionne en s'éloignant de l'OTSC dirigée par la Russie vers une posture plus européenne ; accueillir la CPE était un signal délibéré.
Le sommet a-t-il produit des décisions ?
Aucun communiqué, par construction. Sa valeur réside dans les conversations bilatérales qu'il permet.

À lire aussi sur : European Political Community, Armenia, Ukraine, Diplomacy

naviguerouvrirescfermer